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EDITORIAL       

« Le devoir de mémoire par l’exemple »

L’impérieuse nécessité d’entretenir la flamme du souvenir des grandes heures vécues par la Nation emporte l’adhésion de la très grande majorité de nos concitoyens.

Et pourtant, plusieurs mesures récentes prises au plus haut niveau ont montré que les modalités de la transmission de la mémoire collective étaient parfois contestées.

Il en fut ainsi pour la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie imposée le 5 décembre de chaque année alors que les uns ’accrochaient au 19 mars - date du cessez le feu -, les autres au 16 octobre - date de l’inhumation du soldat inconnu à Notre Dame de Lorette. Chacun est resté sur ses positions et les élus, par intérêt électoral sans doute, persistent à répondre par leur présence aux sollicitations des deux camps.

Il y a quelques mois, l’évocation du drame « des fusillés du bois de Boulogne », avec la lecture imposée à jour fixe de l’émouvante lettre de Guy Moquet, a provoqué les protestations du corps enseignant qui voyait là une ingérence dans la liberté de leurs choix pédagogiques.

Tout récemment, le parrainage des enfants victimes de la Shoah, imposé aux classes de CM2, à soulevé la réprobation des familles et des responsables de plusieurs associations d’anciens déportés.

Bien que la conservation et la transmission de la mémoire soient à la fois un devoir et un droit, elles ne s’imposent pas à tous uniformément. C’est une affaire de circonstance, de personnalité et de conscience qu’il convient de ne pas violer. Il semble en revanche que ce soit bien par l’exemple donné par les anciens que les jeunes générations seront initiées et entraînées au culte du souvenir.

 Voyez chaque année, le 6 juin, ces vétérans canadiens, américains et britanniques franchir les mers pour venir se recueillir sur les plages normandes et commémorer la libération d’une terre qui n’était pas la leur.

Admirez Lazare Ponticelli, cet ancien légionnaire le dernier des « poilus » courbé sous le poid des ans déposant quelques fleurs sous l’Arc de Triomphe.

Quelle leçon de mémoire et de fidèlité!...

Alors que moins de deux pour cent de la population de nos villes et nos villages participe aux cérémonies patriotiques officielles, souhaitons au moins que les membres de la Légion d’honneur décorés au péril de leur vie soient parmi eux, accompagnés de leurs petits enfants, afin de transmettre « par l’exemple le devoir de mémoire ».

 

Le Président Général (cr) Robert GAGET
Président de l'Association
Commandeur de la Légion d'Honneur